De la mise au point manuelle face à l’autofocus

Ayant récemment dû réaliser une très grande quantité de photos portraits, j’ai été confronté à un problème de rendement. Pour cette pratique, je possède un objectif qui me donne d’excellents résultats : un Canon 100mm qui ouvre à f/2 en monture FD. C’est un objectif entièrement manuel. La visée se fait au diaphragme de la prise de vue (aucun problème avec le viseur électronique de mon boîtier, l’a7s) et surtout, plus gênant de prime abord, la mise au point s’effectue manuellement.

Principes généraux

La mise au point consiste à régler la netteté sur la zone choisie par le photographe, avant la prise de vue. Ce réglage peut être automatisée — réalisée par l’autofocus — ou effectuée manuellement.

La mise au point manuelle

Avantages

  • Précision : la mise au point manuelle permet d’être très précis sur la netteté là où le photographe souhaite avoir le maximum de netteté. Dans un viseur électronique, il existe souvent des aides pour facilité ce réglage : Une loupe de très fort grossissement sur la zone sélectionnée, un surlignement coloré des zones dans lesquelles le contraste est optimal, signe d’une bonne netteté, couramment appelé focus peaking.
  • Indépendance : effectuer la mise au point manuellement, c’est se libérer d’un automatisme qui a forcément ses limites, même si ces dernières sont sans cesse repoussées. Il est ainsi possible de faire la mise au point n’importe où dans le cadre, mais aussi de suivre, avec un peu d’entrainement, un sujet en déplacement qui vient vers le photographe ou qui s’en éloigne.
  • Satisfaction : réussir une photo après avoir assuré la mise au point manuellement procure une satisfaction que ne peut égaler la réussite d’une photo réalisée en utilisant l’autofocus.

Inconvénients

  • Il faut s’entrainer pour réussir ses mises au point rapidement et avec aisance, puis il faut continuer régulièrement l’entrainement pour ne pas perdre la main.
  • La fatigue altère la performance du photographe. Après un certain temps, l’œil fatigue et il devient plus difficile de juger la netteté acceptable d’une photo ou non. La déception peut être grande une fois l’image vue sur l’écran de son ordinateur.
  • La rapidité d’exécution dépend grandement du sujet photographié, de l’aisance du photographe dans la réalisation de ses mises au point et de l’optique utilisée.
  • Faire la mise au point manuellement peut être un réel plaisir sur un objectif conçu pour alors que débrayer l’autofocus ne suffit pas à rendre la mise au point manuelle agréable. Au contraire : la bague de mise au point est souvent trop étroite et/ou, de plus en plus souvent, la bague de focus ne fait que commander un moteur qui déplace les lentilles, ce qui n’a rien à voir, en termes de sensations, rapidité et précision avec la manipulation d’une bague de mise au point d’optique manuelle.

L’usage de l’autofocus

Avantages

  • Rapidité : Élément relatif (elle dépend de l’objectif et du boîtier utilisés) mais globalement l’autofocus est plus rapide, lorsqu’il fait le point là où le photographe le décide.
  • Efficacité : Si le point se fait du premier coup là où le photographe le souhaite, l’efficacité s’en trouve largement augmentée car, en 2019, les imprécisions de l’autofocus sont très rares en-dehors des cas piégeurs (faible luminosité, contre-jour, élément en avant-plan du sujet qui pourrait « capter » l’attention du module autofocus

Inconvénients

  • Nécessité de connaître parfaitement les réactions de son matériel pour anticiper ce qui peut être jugé comme des erreurs de mise au point
  • Encore la nécessité de bien connaître son matériel pour pouvoir jongler entre les différents modes de mise au points disponibles ainsi que les possibilités de réglages afin de savoir comment l’adapter aux différentes situations (zone autofocus large, central, spot, avec priorité à la détection des visages, de l’œil du sujet etc.).
  • La rapidité de la mise au point devient tributaire de nombreux paramètres : un même objectif n’aura pas la même vitesse de mise au point sur différents boîtier, tout comme avec un même boîtier mais des optiques différentes.

Conclusion

Pour ma part, après avoir eu le plaisir d’utiliser pendant plusieurs année un magnifique Canon 100mm f/2 en monture FD adapté sur mon Sony a7s, je me suis offert récemment un Sony 85mm f/1.4 GM. En-dehors des performances optiques de niveau stratosphérique, l’usage sur Sony a7s est très agréable et la vitesse de l’autofocus, réputée faible sur mon boîtier, ne me gêne absolument pas dans le cadre de mon utilisation (photos de portraits posés, mais aussi photos de spectacles et concerts). L’autofocus est suffisamment rapide et précis, le rendu résolument exceptionnel, pour que je n’ai eu aucunement envie de réutiliser mon Canon 100mm f/2 FD, et ce, même si le 85mm GM pèse son petit kilo.

En revanche, en vidéo, rien ne vaut la mise au point manuelle. Et pour effectuer la mise au point manuelle, un objectif conçu pour cette pratique se révèle beaucoup plus confortable à l’usage que les bagues de mises au point actuelles présentent sur les objectifs autofocus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *